El Niño : La faim aiguë pourrait augmenter de plus d’un cinquième dans le monde, Madagascar sous pression
Le phénomène El Niño pourrait aggraver fortement l’insécurité alimentaire dans plusieurs régions du monde et Madagascar n’est pas à l’abri. Selon une analyse récente du Programme alimentaire mondial (PAM), près de 50 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans une situation de faim aiguë, soit une hausse de plus d’un cinquième par rapport aux niveaux actuels.
Madagascar face au risque de sécheresse
Madagascar figure également parmi les pays concernés. Quelque 3,7 millions de personnes devraient faire face à une insécurité alimentaire de crise ou pire durant la période de soudure, prévue entre octobre et janvier. Cette situation pourrait être aggravée par les effets d’El Niño, selon les prévisions. Pour anticiper les conséquences d’une sécheresse sévère annoncée dans le sud du pays, le PAM se prépare déjà à soutenir 75 000 personnes. Le dispositif comprend des transferts monétaires, un soutien nutritionnel et la diffusion d’informations d’alerte précoce.
Cette stratégie s’appuie notamment sur MapTool, un mécanisme de surveillance de la sécheresse mis en place sous la conduite du gouvernement. Madagascar est présenté par le PAM comme le premier pays d’Afrique à s’être pleinement approprié ce mécanisme. Cette initiative repose sur l’ojectif d’agir avant que les difficultés alimentaires ne s’aggravent, en protégeant les moyens de subsistance et les ressources des populations les plus vulnérables.
L’Afrique particulièrement exposée
Sécheresses, inondations et tempêtes pourraient se multiplier dans plusieurs régions sous l’effet d’El Niño. Les populations les plus pauvres seraient particulièrement vulnérables face à ces chocs, dont les conséquences pourraient se prolonger jusqu’en 2027, selon encore le PAM. En Afrique, la Banque africaine de développement estime que le phénomène pourrait aussi réduire la production économique jusqu’à 20 milliards de dollars dans les pays touchés et provoquer d’importants mouvements migratoires.
Face à ces risques, le PAM mise sur l’action anticipatoire. Le principe consiste à intervenir avant que les catastrophes ne frappent pleinement les populations. Des transferts monétaires, un soutien à l’agriculture et des systèmes d’alerte précoce sont notamment mobilisés pour permettre aux familles de mieux se préparer. Au Soudan du Sud, 53 000 personnes ont déjà reçu une aide monétaire anticipée dans des zones exposées à la sécheresse. Au Tchad, plus de 170 000 personnes ont bénéficié d’une aide et de messages d’alerte.
D’un côté, en Asie et en Amérique centrale, le PAM anticipe également des stratégies pour préparer les communautés avant que les catastrophes ne surviennent. Toutes ces approches s’appuient également sur les enseignements tirés des expériences passées.




