Cuisson propre : Madagaz mise sur le biogaz pour alimenter plus de 3 000 foyers à Antsirabe
Transformer les déchets agricoles et organiques en gaz de cuisson destiné aux ménages. C’est le pari du projet Madagaz, qui prévoit d’implanter à Antsirabe un site pilote capable de produire du biométhane et de le conditionner en bouteilles. Plus de 3 000 foyers pourraient être approvisionnés par cette première installation, pensée comme un modèle reproductible dans d’autres territoires de Madagascar.
Le « biogaz territorial »
Le biogaz pourrait progressivement sortir du cadre des petites installations familiales à Madagascar. À Antsirabe, l’entreprise malgache Madabiogaz prépare un projet fondé sur une unité de méthanisation agricole et une station de mise en bouteille. Le futur site pilote devrait produire 3 200 MWh par an, à partir de plus de 6 000 tonnes de matières agricoles et de biodéchets. L’ambition affichée est de fournir du gaz de cuisson à plus de 3 000 foyers. Le dispositif fonctionnerait indépendamment du réseau électrique, ce qui permettrait de produire et de distribuer localement une énergie destinée à un usage domestique.
La fondatrice de Madagaz, Faratiana Minoarisoa, présente ce modèle comme un « biogaz territorial ». Le principe consiste à organiser une filière locale autour de la méthanisation, depuis l’approvisionnement en matières organiques jusqu’à la production, au conditionnement et à la distribution du gaz. Les ressources disponibles sont nombreuses : résidus agricoles, déchets ménagers, sous-produits des rizeries ou encore résidus provenant de petits moulins de transformation du manioc. Une partie de ces matières est aujourd’hui peu valorisée. Le projet entend donc transformer ces déchets en ressource énergétique.
Une alternative au charbon
Le premier marché visé est celui de la cuisson domestique. Le charbon de bois reste largement utilisé par les ménages malgaches, alors que sa production contribue à la pression exercée sur les ressources forestières. Madagaz veut proposer un combustible produit localement à partir de matières organiques. Des essais de cuisson réalisés par l’entreprise sont jugés encourageants par sa fondatrice. L’enjeu consiste désormais à démontrer que cette solution peut être déployée à une échelle suffisamment importante pour répondre aux besoins de plusieurs milliers de ménages.
Le projet ne s’arrête pas à la production de gaz. La méthanisation génère également du digestat, un résidu susceptible d’être valorisé comme amendement ou fertilisant agricole. Madagaz envisage notamment de le commercialiser ou de l’échanger avec les agriculteurs qui fourniraient les matières premières. Le dispositif pourrait ainsi créer une chaîne de valeur, reliant producteurs agricoles, collecteurs de déchets, unité de méthanisation et consommateurs de gaz. À Antsirabe, l’objectif est de faire fonctionner cette chaîne à l’échelle d’un territoire.
Un projet encore en quête de financement
Le principal obstacle reste aujourd’hui le financement de la première installation. Madagaz indique avoir identifié le terrain ainsi que les gisements de matières nécessaires, mais recherche encore un partenaire financier pour concrétiser le projet.
Le cadre réglementaire constitue également un enjeu pour le développement d’unités de méthanisation de taille industrielle. Le site pilote doit justement permettre de démontrer la faisabilité technique et économique du modèle. À terme, Madagaz veut pouvoir reproduire cette approche dans d’autres territoires et contribuer à faire du biogaz une composante supplémentaire de la transition vers une cuisson plus propre à Madagascar.




