Minerais stratégiques : Madagascar parmi les six pays soutenus par un nouveau mécanisme de l’ONU
Madagascar figure parmi les six premiers pays qui bénéficieront du nouveau mécanisme d’appui de l’ONU consacré aux minerais stratégiques pour la transition énergétique. Annoncé le 23 septembre par António Guterres à New York, ce dispositif doit aider les pays producteurs à développer des chaînes de valeur locales et à tirer davantage de bénéfices de leurs ressources.
Un mécanisme lancé par l’ONU
Le nouveau Country Support Mechanism on Critical Energy Transition Minerals, ou mécanisme d’appui aux pays sur les minerais critiques pour la transition énergétique, a été lancé le 23 septembre 2026 à l’occasion du Sommet sur le climat organisé au siège des Nations Unies à New York. Il s’inscrit dans les initiatives annoncées par le Secrétaire général de l’ONU pour accélérer la transition vers les énergies propres. Il ne s’agit donc pas d’un simple appel à créer un dispositif. Le mécanisme existe désormais au sein du système des Nations Unies et doit fournir un appui coordonné aux pays riches en ressources minières. Il sera dirigé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Bureau de la coordination des activités de développement de l’ONU.
Six pays ont été retenus pour bénéficier en priorité de ce soutien : Madagascar, la Guinée, l’Indonésie, le Nigéria, la Zambie et le Zimbabwe. L’objectif est de les accompagner dans la construction de chaînes de valeur plus durables et responsables autour des minerais indispensables à la transition énergétique.
Aller au-delà de l’exportation brute
Pour Madagascar, cette initiative concerne notamment les ressources minières considérées comme stratégiques dans le contexte de la transition énergétique. Le pays dispose notamment de ressources en cobalt, graphite et nickel, des minerais utilisés dans différentes technologies liées à la nouvelle économie énergétique. L’enjeu dépasse toutefois la seule exploitation des ressources. L’ONU veut aider les pays producteurs à obtenir une plus grande part de la valeur créée tout au long de la chaîne. Le mécanisme doit notamment mobiliser une expertise technique et renforcer les capacités nationales dans les domaines de la gouvernance, de la réglementation, du développement industriel et des chaînes de valeur.
Pour les pays concernés, l’objectif est ainsi de ne pas rester cantonnés au rôle de fournisseurs de matières premières destinées aux industries étrangères. Une meilleure valorisation locale peut contribuer à la diversification économique, au développement industriel et à la création d’emplois.
Une demande mondiale en forte hausse
Cette initiative intervient dans un contexte de croissance rapide de la demande en minerais nécessaires à la transition énergétique. Le cuivre, le lithium, le nickel, le cobalt et les terres rares sont notamment utilisés dans les batteries, les véhicules électriques, les panneaux solaires ou encore les éoliennes. Selon l’ONU, la demande en minerais critiques pour la transition énergétique devrait presque tripler d’ici 2030. Cette progression représente une opportunité économique pour les pays qui disposent de ces ressources, mais elle comporte aussi des risques en matière de dépendance aux matières premières, d’environnement et de conditions sociales.
Le mécanisme s’inscrit dans la vision défendue par António Guterres lors du Sommet sur le climat. Le Secrétaire général de l’ONU a appelé les États à accélérer la sortie des énergies fossiles, à développer les énergies renouvelables et à renforcer le financement de la transition énergétique. Mais pour l’ONU, cette transformation ne peut pas uniquement profiter aux pays qui fabriquent les technologies de la transition énergétique. Les États et les communautés qui disposent des ressources nécessaires doivent également pouvoir bénéficier de cette évolution. Le nouveau mécanisme entend ainsi rapprocher la transition énergétique mondiale d’un autre objectif : faire des minerais stratégiques un levier de développement pour les pays producteurs, dont Madagascar.




