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Mariage précoce à Madagascar : 15 % des décès chez les adolescentes liés à la maternité

11/10/2026 10:21 © Moov.Mg

À Madagascar, 42 % des jeunes femmes âgées de 20 à 24 ans ont été mariées avant l’âge de 18 ans. Parallèlement, 38 % des adolescentes de 15 à 19 ans ont déjà commencé leur vie reproductive et 15 % des décès dans cette tranche d’âge sont liés à la maternité. À l’occasion de la Journée internationale de la fille, célébrée ce 11 octobre 2026, ces chiffres mettent en lumière les conséquences du mariage précoce sur la santé et l’avenir des filles.

Grossesses adolescentes : un enjeu de santé publique

À Madagascar, 38 % des adolescentes âgées de 15 à 19 ans ont déjà commencé leur vie reproductive, selon les résultats de l’Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) 2025. Dans cette tranche d’âge, 15 % des décès sont liés à la maternité. Ces données soulignent les risques sanitaires associés aux grossesses précoces et la nécessité de renforcer l’accès des adolescentes aux services de santé, à l’information et à la protection. Le mariage des enfants peut favoriser ces situations en exposant les filles à une maternité avant qu’elles ne soient prêtes à en assumer les conséquences.

La proportion de jeunes femmes âgées de 20 à 24 ans mariées avant l’âge de 18 ans est passée de 40 % en 2018 à 42 % en 2025. Les disparités régionales sont importantes : cette proportion atteint 57,6 % dans l’Atsimo Atsinanana, 57,4 % dans le Melaky, 54,2 % dans le Menabe, 53,1 % dans l’Atsimo Andrefana et 52 % dans la Sofia. À l’échelle mondiale, les données de l’UNICEF publiées en 2026 estiment qu’environ une fille sur cinq a été mariée avant ses 18 ans. Près de 650 millions de femmes et de filles actuellement en vie ont ainsi été mariées pendant leur enfance.

Le mariage précoce peut interrompre la scolarité, accroître les risques de grossesse adolescente et exposer les filles aux violences. Il peut également limiter leurs possibilités d’autonomie économique et leur participation à la vie sociale.

Vers un renforcement du cadre juridique

La lutte contre le mariage des enfants a fait l’objet d’un atelier de plaidoyer de haut niveau organisé le 1er octobre 2026 à Antananarivo. L’initiative a réuni des représentants des institutions publiques, des parlementaires, des acteurs judiciaires, de la société civile, des responsables traditionnels et religieux, ainsi que des jeunes et des partenaires techniques et financiers.

La loi n° 2007-022 relative au mariage et aux régimes matrimoniaux fixe à 18 ans l’âge légal du mariage. Toutefois, son article 3 autorise une dérogation pour des « motifs graves ». Le plaidoyer engagé vise notamment à réviser cette disposition afin de supprimer cette possibilité d’exception, en tenant compte des orientations de la Loi type de la SADC sur l’éradication du mariage des enfants et la protection des enfants déjà mariés. Les participants ont également abordé la prévention au sein des communautés, la mobilisation des familles et des responsables traditionnels et religieux, ainsi que l’accompagnement des enfants. Le maintien à l’école et la réinsertion scolaire figurent parmi les mesures mises en avant.

L’éducation, un levier pour prévenir les inégalités

Les données de la MICS 2025 montrent que les filles obtiennent de meilleurs résultats que les garçons dans plusieurs indicateurs de l’enseignement primaire. La fréquentation scolaire atteint 80 % chez les filles, contre 75 % chez les garçons. La proportion d’enfants achevant le cycle primaire s’élève à 51 % chez les filles, contre 43 % chez les garçons. Ces résultats ne garantissent cependant pas la poursuite des études à l’adolescence. Le mariage précoce et les grossesses peuvent contraindre les filles à abandonner l’école et réduire leurs perspectives d’avenir.

Les violences constituent un autre obstacle. Parmi les adolescentes âgées de 15 à 19 ans, 17 % déclarent avoir subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans et 20 % avoir subi des violences physiques ou sexuelles. Parmi celles qui sont enceintes ou déjà mères, 7 % ont subi des violences pendant leur grossesse. Le recours à l’aide demeure limité : seules 25 % des adolescentes concernées recherchent de l’aide, tandis que 60 % n’en parlent à personne. Ces chiffres soulignent l’importance de renforcer les dispositifs de protection et de faciliter l’accès aux services d’accompagnement.

Reconnaître les droits des filles

Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 19 décembre 2011, la Journée internationale de la fille vise à faire reconnaître les droits des filles et les obstacles particuliers auxquels elles sont confrontées. Pour l’édition 2026, le thème retenu est : « Mettre fin aux mariages d’enfants et investir dans l’éducation des filles ». Les Nations Unies appellent à maintenir les filles à l’école, à élargir leur accès aux services de santé et de protection sociale et à mobiliser les familles et les communautés contre les pratiques qui compromettent leurs droits.

À Madagascar, les chiffres sur le mariage précoce et la maternité adolescente mettent en évidence des difficultés qui touchent à la fois la santé, l’éducation et la protection. La prévention des unions précoces, l’application du cadre juridique et le maintien des filles dans le système scolaire constituent des enjeux importants pour leur permettre de construire leur avenir.

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