Sud de Madagascar : 21 écovillages pour renforcer la résilience des communautés
Dans le sud de Madagascar, 21 écovillages expérimentent des solutions pour améliorer les conditions de vie des familles tout en préservant les ressources naturelles. Entre activités génératrices de revenus, assainissement et éducation, le programme encourage des changements qui touchent aussi bien les ménages que l’ensemble des communautés.
Concilier AGR et préservation des ressources
Face à la dégradation de l’environnement et à la vulnérabilité des populations, le concept d’écovillage propose une approche qui associe développement local et protection de la nature. Dans le sud de Madagascar, cette démarche repose notamment sur l’adoption de pratiques plus respectueuses de l’environnement et le développement de nouvelles activités économiques. Le programme a permis aux habitants de bénéficier de formations en entrepreneuriat vert, en eau, assainissement et hygiène (EAH), ainsi qu’en parentalité positive. L’objectif est de renforcer leur capacité à améliorer durablement leurs conditions de vie, sans accentuer la pression sur les ressources naturelles.
À Ehavo, Justine, 40 ans, illustre les possibilités offertes par cette approche. Anciennement engagée dans la production de charbon de bois, elle a appris à fabriquer du charbon écologique à partir de déchets de bois récupérés auprès des charpentiers du village. Cette activité lui permet de valoriser des matériaux autrement inutilisés, tout en proposant une alternative à l’exploitation du bois pour la fabrication du charbon traditionnel. Elle commercialise actuellement son produit à 1 000 ariary les trois pièces, mais doit encore développer sa clientèle. Au-delà de cet exemple, la valorisation des déchets et la diversification des sources de revenus constituent des pistes pour concilier activités économiques et préservation des ressources forestières.
L’assainissement, un autre levier d’amélioration
Les changements concernent également la santé et l’hygiène. À Ehavo, Famboaratsoa, le mari de Justine, a suivi une formation sur l’eau, l’assainissement et l’hygiène. Il exerce désormais comme technicien local spécialisé dans la conception de dalles destinées aux systèmes SATO, qui permettent d’améliorer les installations sanitaires. Il a déjà conçu et installé deux systèmes dans son village et réalisé des commandes provenant d’autres localités.
Selon lui, la communauté prend progressivement conscience de l’importance de l’assainissement, notamment pour la santé des enfants. Le développement de ces équipements contribue à limiter la défécation à l’air libre et à réduire les risques sanitaires associés au manque d’installations adaptées.
Les changements s’étendent à la vie familiale
L’approche des écovillages ne se limite pas aux activités économiques et à l’environnement. Les formations en parentalité positive encouragent également une meilleure répartition des responsabilités au sein des familles et une plus grande écoute des enfants. Les jeunes bénéficient, de leur côté, de séances de formation sur les compétences de vie, notamment sur les conséquences des mariages et des grossesses précoces ainsi que sur la violence envers les enfants. Ces initiatives visent à renforcer le bien-être des ménages en agissant sur plusieurs dimensions de la vie quotidienne : les revenus, la santé, l’éducation et les relations familiales.
À Madagascar, le programme a permis la mise en place de 21 écovillages dans le sud du pays. Il vise à renforcer la résilience des communautés en conciliant leurs besoins avec la gestion durable des ressources naturelles. Son financement est assuré par plusieurs Comités nationaux pour l’UNICEF, notamment ceux de Belgique, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de France, d’Andorre, de Corée, de Norvège et d’Allemagne. L’enjeu est de favoriser des pratiques susceptibles de produire des bénéfices durables pour les familles et leur environnement, en faisant des communautés elles-mêmes des actrices de leur développement.





