Tiako Dié : « En photographie, le smartphone ne remplace pas le savoir-faire »
Pour Tiako Dié, la photographie à Madagascar reste un métier exigeant, où la maîtrise technique compte autant que le matériel utilisé.
Réalité du terrain
Le nombre de photographes augmente à Madagascar. Pourtant, le coût de la vie et celui du matériel continuent d’augmenter. Pour Tiako Dié, photographe et vidéaste, ces difficultés compliquent la vie des professionnels du secteur. « Le secteur commence à devenir saturé », explique-t-il. De plus en plus de personnes se lancent dans la photographie. Pour se démarquer, certaines proposent des prestations à bas prix. Cette pratique réduit les revenus des autres professionnels, qui doivent aussi couvrir leurs dépenses et entretenir leur matériel.
La photographie permet-elle de vivre correctement ? Pour Tiako Dié, la réponse dépend de la situation de chacun. Un photographe qui doit payer un loyer, nourrir sa famille et financer la scolarité de ses enfants fait face à des charges importantes. Sa situation diffère de celle d’un professionnel qui a moins de dépenses. Les revenus dépendent aussi des saisons. Pendant la période des mariages, les commandes peuvent s’enchaîner tout au long de la semaine. En revanche, les demandes diminuent fortement en dehors de cette période. Certains photographes doivent alors chercher une autre activité pour compléter leurs revenus.
Coût des équipements
Le prix du matériel représente également une difficulté. Les appareils photo et les accessoires coûtent cher. Pourtant, les professionnels doivent améliorer leurs équipements pour garantir une bonne qualité d’image. Ces achats représentent des dépenses supplémentaires, en plus des charges quotidiennes. Malgré ces difficultés, la photographie peut rester rentable. Selon Dié, une bonne gestion des revenus et des dépenses permet de mieux vivre de cette activité. Certains professionnels parviennent même à travailler à l’international.
Les smartphones représentent aussi un défi pour le secteur. Les modèles récents offrent une bonne qualité d’image et facilitent certaines prises de vue. De nombreux photographes les utilisent dans leur travail. Toutefois, un téléphone ne remplace pas automatiquement les compétences d’un professionnel. Pour lui, la différence repose surtout sur le savoir-faire. Il prend l’exemple d’un pilote de rallye : un conducteur expérimenté peut mieux maîtriser une voiture ordinaire qu’une personne sans expérience au volant d’un véhicule de compétition.





