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Nationale

Jeunesse et politique : le SIAP et l’Union africaine misent sur la formation et l’engagement

06/11/2026 12:11 © Moov.Mg

La faible représentation des jeunes dans les instances politiques contraste avec leur poids dans la population malgache. À travers une Masterclass organisée à Antananarivo, l'Espace de dialogue des partis politiques (SIAP) et l'Union africaine mettent en avant leur rôle dans la concertation nationale et la gouvernance du pays.

Une jeunesse peu présente dans les instances politiques

Le poids démographique des jeunes ne se traduit pas nécessairement par une présence significative dans les structures de décision. Les résultats d’une enquête d’Afrobarometer, réalisée en octobre et novembre 2024 auprès de 1 200 adultes à Madagascar et publiés en juin 2025, montrent que 61 % des personnes interrogées âgées de 18 à 35 ans déclaraient avoir voté à l’élection présidentielle de 2023. Cette proportion atteignait entre 72 et 74 % chez les catégories plus âgées.

Leur proximité avec les formations politiques reste également limitée : 39 % des jeunes interrogés déclaraient se sentir proches d’un parti, contre 42 à 46 % chez leurs aînés. Seuls 11 % avaient contacté un parlementaire au cours des douze mois précédant l’enquête. La représentation parlementaire illustre aussi ce décalage. Selon les données de l’Union interparlementaire de juillet 2024, aucun des 163 membres de l’Assemblée nationale n’avait 30 ans ou moins.

La concertation nationale au cœur des échanges

C’est dans ce contexte que s’inscrit la Masterclass conjointe du SIAP et de l’Union africaine, organisée du 4 au 6 novembre 2026 autour du thème « Jeunesse et refondation, de l’intégrité à l’engagement ». Le cinquième module, tenu le jeudi 5 novembre à l’Espace PK00 Soarano, à Antananarivo, était consacré aux « Engagements des partis, des jeunes et des acteurs citoyens face à la concertation nationale ». Il a notamment réuni de jeunes membres du parti Tiako i Madagasikara (TIM). La session a été animée par Williamson Razafindrano, coordonnateur national du TIM depuis novembre 2025 et président-fondateur de l’association H.O.P.E.

Son intervention a porté sur les responsabilités des partis politiques, des jeunes et des acteurs de la société civile dans le processus de concertation, avec un accent particulier sur la transparence. Le dispositif annoncé par le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) prévoit de recueillir les propositions de la population dans les 19 400 fokontany, avant leur transmission au niveau des communes, des districts et des régions.

Le 2 novembre, le FFKM a présenté les préparatifs au président de la Refondation. Les équipes doivent intervenir dans les districts en novembre et décembre, avec pour objectif d'en couvrir la moitié avant la fin de 2026. La formation des personnes chargées d'animer les échanges et les contraintes logistiques restent des défis pour la mise en œuvre du processus.

Des recommandations en attente de concrétisation

De son côté, la Concertation nationale des jeunes a déjà abouti à une résolution finale, remise aux autorités le 1er août 2026. Les recommandations des représentants des 24 régions portent sur cinq domaines : gouvernance et affaires politiques, développement social, développement économique, culture et environnement. La question est désormais celle de leur prise en compte. Au-delà des formations et des consultations, les jeunes attendent de pouvoir participer aux débats, formuler des propositions et accéder aux espaces où se prennent les décisions publiques.

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