Efficacité énergétique : Madagascar veut encourager la fabrication locale d’équipements moins énergivores
Moins d’énergie gaspillée, des équipements plus performants et, à terme, une production locale capable de répondre à de nouvelles exigences. Madagascar prépare la mise en place de normes minimales de performance énergétique (MEPS), appelées à transformer progressivement le marché des équipements électriques.
Le marché appelé à évoluer
Depuis hier 8 septembre 2026, les acteurs concernés se retrouvent à l’Hôtel Carlton Anosy pour quatre jours de travaux consacrés à l’élaboration des « Minimum Energy Performance Standards » (MEPS). L’objectif est de définir les performances énergétiques minimales que devront respecter certains équipements utilisés au quotidien à Madagascar. L’éclairage, les réfrigérateurs et les climatiseurs figurent parmi les premiers produits concernés. À travers ces normes, le pays veut mieux encadrer leur importation et leur commercialisation, tout en préparant progressivement les conditions nécessaires à leur fabrication locale selon des standards de performance définis.
Derrière ces normes se joue donc une évolution plus large du marché. Les équipements très énergivores pourraient progressivement laisser davantage de place à des produits plus efficaces et plus durables. Pour les fabricants et les importateurs, les futures exigences constitueront de nouveaux repères techniques. Pour les consommateurs, elles doivent permettre une meilleure qualité des équipements disponibles sur le marché et, surtout, une consommation énergétique maîtrisée. « L’énergie la plus propre, la moins chère et la plus disponible pour Madagascar est celle que nous ne gaspillons pas », rappelle le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), partenaire de cette démarche à travers son portefeuille Transition Énergétique pour une Croissance Inclusive (FIOVANA).
Vers une production malgache plus compétitive
L’un des enjeux majeurs est de préparer le terrain pour l’avenir. En établissant des normes nationales, Madagascar se dote progressivement de références techniques permettant d’orienter la conception et la production d’équipements plus performants. À terme, cette normalisation doit ainsi pouvoir accompagner le développement d’une industrie locale capable de produire des équipements répondant aux exigences d’efficacité énergétique. Une perspective qui pourrait également renforcer la compétitivité des entreprises malgaches et faciliter leur intégration dans les marchés régionaux. Le chantier ne concerne d’ailleurs pas uniquement les équipements déjà ciblés. L’atelier prévoit également le lancement de deux nouvelles normes nationales consacrées aux appareils de cuisson électrique et aux véhicules électriques.
Pendant quatre jours, les membres des Comités techniques de normalisation examinent et harmonisent les référentiels techniques qui serviront de base aux futures normes. Ils viennent notamment des administrations publiques, du secteur privé, des organismes d’évaluation de la conformité, des centres de recherche, des universités et des associations de consommateurs. L’objectif est également d’adopter des normes harmonisées de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour l’éclairage, les réfrigérateurs et les climatiseurs.
Moins de gaspillage, plus d’efficacité
Cette démarche est portée par le Bureau Malagasy de Normalisation (BNM), sous tutelle du ministère du Commerce et de la Consommation, avec l’appui du PNUD et la participation du ministère de l’Environnement et du Développement durable ainsi que du ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures. Pour le Gouvernement, l’enjeu est aussi économique et environnemental. Des équipements plus efficaces doivent contribuer à réduire la consommation d’énergie des ménages et des entreprises, mais également les émissions de gaz à effet de serre.
Lors de l’ouverture de l’atelier, le Directeur de la Concurrence et de la Régulation des Marchés du ministère du Commerce et de la Consommation, Rufin Zafimihary, a souligné l’importance d’harmoniser les normes avec les références internationales afin de répondre aux besoins actuels et de préparer les défis futurs. Cette initiative s’inscrit dans la Politique nationale de la qualité et la Stratégie nationale de normalisation 2025-2027. Pour Madagascar, les MEPS constituent ainsi un nouvel outil pour mieux encadrer le marché aujourd’hui, tout en préparant les équipements et l’industrie de demain.




