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Affaire Kraomita Malagasy : soupçons d’abus de fonction et de blanchiment autour de Mamy Ravatomanga

06/03/2026 06:57 © Moov.Mg

Une nouvelle affaire impliquant l’homme d’affaires Maminiaina Ravatomanga et plusieurs partenaires est désormais entre les mains de la justice malgache. Le Pôle Anti-Corruption d’Antananarivo (PAC) examine un dossier portant sur des faits présumés d’abus de fonction, de corruption, d’octroi d’avantages indus et de blanchiment d’argent liés à l’exploitation d’un gisement de chromite à Brieville. Plusieurs personnes ont déjà été placées en détention, tandis qu’un mandat d’arrêt international vise l’homme d’affaires.

Le gisement de chromite de Brieville, au cœur de l’affaire

Selon un communiqué du Pôle Anti-Corruption d’Antananarivo, l’affaire concerne des faits remontant à 2023 autour de la société publique Kraomita Malagasy S.A., qui exploite notamment le gisement de chromite de Brieville, dans la région Betsiboka. D’après les éléments communiqués par le parquet, une décision prise par le président du conseil d’administration de l’entreprise aurait conduit au retrait de la société qui exploitait précédemment le site minier. L’exploitation aurait ensuite été attribuée à la société Dana Minerals.

Cette attribution devait s’accompagner du versement d’une somme de 35 millions de dollars américains. Ce montant était présenté à la fois comme une indemnisation destinée à l’ancienne société exploitante et comme un droit d’entrée pour obtenir l’exploitation du gisement. Cependant, les autorités judiciaires soupçonnent que cette procédure n’aurait pas respecté les règles encadrant les marchés publics. Le choix de l’entreprise bénéficiaire ainsi que l’exigence de ce droit d’entrée de 35 millions de dollars ne correspondraient pas aux procédures légales normalement applicables à ce type de contrat. Dans ce contexte, les enquêteurs s’intéressent particulièrement à un accord parallèle qui aurait été conclu concernant une partie de cette somme.

Soupçons de corruption et de blanchiment d’argent

Selon les informations communiquées par le PAC, un montant de 5 millions de dollars aurait été prévu pour être versé à la société Island Partners Ltd, basée à l’île Maurice. Or, ce versement n’aurait pas été effectué sur le compte de l’entreprise publique Kraomita Malagasy S.A., mais directement sur celui de la société mauricienne, soulevant des soupçons d’avantages indus et de détournement de fonds. L’enquête s’est également penchée sur les relations entre les différentes sociétés impliquées dans l’accord. Selon les éléments recueillis, la société Island Partners Ltd et Madarail Holding partageraient la même adresse de siège social à l’île Maurice. Cependant Madarail Holding est une entreprise liée à Mamy Ravatomanga. Cette proximité alimente les soupçons de corruption et de blanchiment d’argent évoqués dans le dossier.
Plusieurs entreprises auraient ainsi participé à la mise en œuvre de l’accord financier contesté, ce qui a conduit le parquet à élargir les investigations à plusieurs personnes et sociétés.

Des poursuites engagées et des détentions

Au total, cinq personnes physiques et quatre sociétés font l’objet de poursuites dans cette affaire, selon le communiqué du parquet du Pôle Anti-Corruption d’Antananarivo. Trois suspects se sont présentés devant la justice malgache et ont été entendus par le juge d’instruction. À l’issue de leur comparution, ils ont été placés en détention provisoire à la maison centrale d’Antanimora, dans l’attente de la poursuite de l’enquête judiciaire. Un mandat d’arrêt international a été émis contre Mamy Ravatomanga. Par ailleurs, un quatrième suspect, de nationalité mauricienne, fait encore l’objet de vérifications concernant son identité judiciaire.

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