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Pêche à Madagascar : les filets moustiquaires, une fausse solution contre la pauvreté

23/04/2026 11:12 © Moov

La pêche artisanale constitue un pilier essentiel pour les communautés côtières. Pourtant, face à la pauvreté, à la raréfaction des ressources marines et aux effets du changement climatique, une pratique interdite se développe : l’utilisation de filets moustiquaires, aux conséquences préoccupantes.

Une nouvelle étude interdisciplinaire de chercheurs de l’IRD et de l’IHSM de Madagascar, examine conjointement les impacts sociaux, économiques et environnementaux de cette pratique méconnue

Une pratique de survie aux effets immédiats

Initialement distribuées pour lutter contre le paludisme, les moustiquaires sont aujourd’hui détournées pour d’autres utilisations, notamment, la pêche. Leur faible coût et leur efficacité expliquent leur adoption rapide par des ménages en manque d’alternatives économiques.
Une étude menée dans la baie de Ranobe, au sud-ouest de Madagascar, révèle que 60 % des pêcheurs interrogés évoquent la pauvreté comme principale motivation. Grâce à ces filets, ils capturent entre 9 et 18 kg de poissons par sortie. Une partie est consommée, mais l’essentiel est vendu sur les marchés locaux, générant des revenus immédiats. Les femmes jouent un rôle central dans cette activité, notamment dans la transformation et la commercialisation du poisson. Cette implication renforce leur autonomie économique, même si les gains restent limités. Malgré les critiques et les tensions sociales, cette pratique demeure une réponse concrète à des besoins urgents.

Un piège écologique et social durable

Cette pratique demeure interdite. Si les bénéfices à court terme sont réels, les impacts à long terme sont préoccupants. Les mailles très fines des moustiquaires capturent des alevins, empêchant le renouvellement des stocks. Elles dégradent également les habitats marins, fragilisant les écosystèmes.
Ce phénomène enferme les communautés dans un véritable piège socio-écologique. En cherchant à survivre aujourd’hui, elles compromettent leurs ressources futures et leur sécurité alimentaire. La pratique contribue ainsi à maintenir la pauvreté qu’elle tente de combattre.
Face à cette situation, des initiatives émergent. Des campagnes de sensibilisation et la distribution d’engins de pêche légaux sont déjà mises en œuvre. Parallèlement, des recherches visent à développer des alternatives accessibles et durables. Les experts plaident pour une approche globale, combinant lutte contre la pauvreté, renforcement des réglementations et solutions économiques viables. L’enjeu est clair : permettre aux communautés de vivre de la mer sans compromettre l’avenir.

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