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Journée mondiale contre la faim 2026 : Alerte rouge sur la malnutrition infantile à Madagascar

15/06/2026 17:18 © Moov.Mg

Ce lundi 15 juin 2026 marque la Journée mondiale contre la faim. Alors que l’ONU maintient son cap vers l’objectif « Faim Zéro » à l'horizon 2030, la situation nutritionnelle des enfants de moins de cinq ans à Madagascar prend une tournure dramatique. Les derniers résultats de l’enquête nationale MICS 2024-2025, menée par l'Institut National de la Statistique (INSTAT), révèlent une explosion inquiétante de l’émaciation dans la Grande Île.

Hausse préoccupante de la proportion d'enfants atteints d'émaciation

Les derniers résultats de l'Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS 2025) lancent un signal d'alarme. À Madagascar, la proportion d'enfants de moins de cinq ans atteints d'émaciation, forme de malnutrition aiguë caractérisée par une perte de poids importante par rapport à la taille, a connu une hausse particulièrement préoccupante. Elle est passée de 6,4 % en 2018 à 11 % en 2025. Cette évolution représente près d'un doublement des cas en l'espace de sept ans. Or, l'émaciation constitue l'une des formes les plus graves de malnutrition. Elle expose les jeunes enfants à un risque accru de maladies, de retards de développement et, dans les situations les plus sévères, à un risque élevé de décès.

Au-delà de cette hausse inquiétante de la malnutrition aiguë, la malnutrition chronique continue de toucher une proportion importante d'enfants malgaches. Selon les résultats du MICS 2025, 37 % des enfants de moins de cinq ans présentent un retard de croissance. Bien que ce taux soit en légère amélioration par rapport aux 41,6 % enregistrés en 2018, la situation demeure préoccupante. Concrètement, près de quatre enfants sur dix souffrent encore des conséquences d'une alimentation inadéquate sur une longue période.

Des crises multiples qui aggravent l'insécurité alimentaire

Ces retards compromettent durablement le développement physique, cognitif et les capacités d'apprentissage des enfants concernés, avec des répercussions à long terme sur le capital humain et le développement économique du pays. Cette dégradation de la situation nutritionnelle intervient dans un contexte particulièrement difficile. La diminution des financements internationaux destinés à la lutte contre la faim, accentuée par les réductions importantes de certaines aides humanitaires, fragilise les interventions des organisations spécialisées.

Dans le même temps, Madagascar continue de subir les effets du changement climatique. Les sécheresses répétées dans le Sud, les cyclones et les perturbations des saisons agricoles affectent directement les récoltes et les moyens de subsistance des ménages les plus vulnérables.
Ces facteurs combinés limitent l'accès des familles à une alimentation suffisante et diversifiée, augmentant ainsi les risques de malnutrition chez les enfants.

Mettre fin à la crise nutritionnelle

Instaurée pour sensibiliser à la lutte contre la faim dans le monde, la Journée mondiale contre la faim revêt cette année une importance particulière pour Madagascar. Les données issues du MICS 2025, mené auprès de 21 000 ménages avec l'appui de partenaires internationaux, constituent un avertissement clair. Face à l'augmentation préoccupante de l'émaciation infantile, le renforcement des programmes de prise en charge nutritionnelle, l'amélioration de la sécurité alimentaire des ménages et le soutien à une agriculture plus résiliente apparaissent comme des priorités absolues.

À quatre ans de l'échéance fixée par les Objectifs de développement durable pour atteindre la « Faim Zéro » d'ici 2030, Madagascar est confronté à l'urgence d'agir pour éviter qu'une génération entière d'enfants ne paie le prix de cette crise nutritionnelle grandissante.

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