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Madagascar concrétise les revenus du carbone : 39,56 milliards d'ariary versés aux bénéficiaires du PRE-AA

27/07/2026 00:00 © Moov.Mg

À Madagascar, une enveloppe de 39 563 903 942,13 ariary a été versée au titre de la première tranche des revenus générés par les crédits carbone du Programme de Réduction des Émissions Atiala Atsinanana (PRE-AA). Cette première redistribution bénéficie directement aux communes riveraines et aux gestionnaires d'aires protégées, avec l'objectif de financer le développement local tout en renforçant la conservation des forêts.

Des revenus issus des crédits carbone

Madagascar concrétise les retombées financières de son engagement sur le marché international du carbone forestier. Une enveloppe de 39 563 903 942,13 ariary a été distribuée dans le cadre de la première tranche des revenus issus des crédits carbone du programme REDD+ Atiala Atsinanana (PRE-AA). Ce versement récompense les efforts de réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts réalisés entre le 22 mars et le 31 décembre 2020. Il s'inscrit dans le cadre de l'Accord de paiement pour la réduction des émissions (ERPA) conclu entre l'État malgache et le Forest Carbon Partnership Facility (FCPF) de la Banque mondiale.

Cette opération constitue une étape majeure pour Madagascar, qui démontre ainsi que la préservation des ressources forestières peut générer des revenus destinés à soutenir les territoires qui participent à leur protection.

Des fonds orientés vers les territoires

La répartition des revenus carbone est encadrée par les textes régissant le marché carbone forestier à Madagascar. Conformément aux dispositions en vigueur, 80 % des fonds, soit environ 31,65 milliards d'ariary, sont destinés aux actions de terrain, au développement local et aux initiatives de conservation. Les 20 % restants, représentant près de 7,91 milliards d'ariary, financent la gouvernance, le suivi, le contrôle et le renforcement des capacités des institutions publiques. Les principaux bénéficiaires sont les 119 communes riveraines du corridor forestier de l'Est ainsi que 14 aires protégées concernées par le programme.

Chaque commune reçoit une enveloppe de suivi local fixée à 6 880 678,95 ariary, à laquelle s'ajoute une part variable attribuée selon les performances environnementales enregistrées sur son territoire. Les projets financés sont définis directement par les collectivités et les communautés locales, en fonction de leurs besoins prioritaires, qu'il s'agisse d'infrastructures, d'activités génératrices de revenus ou d'actions de protection des ressources naturelles.

Les aires protégées renforcent leurs actions

Une part importante des financements, soit 25,71 milliards d'ariary, est destinée aux initiatives homologuées du PRE-AA, représentant environ 65 % de l'enveloppe globale. Ces ressources sont confiées aux principaux gestionnaires des aires protégées afin de renforcer la surveillance des forêts, poursuivre les opérations de restauration forestière et développer des alternatives économiques au profit des populations vivant à proximité des massifs forestiers.

L'objectif est de réduire la pression exercée sur les ressources naturelles en proposant aux communautés des activités génératrices de revenus compatibles avec la conservation de la biodiversité.

Changement climatique

Pour la coordonnatrice du Bureau national chargé du changement climatique, des crédits carbone et du mécanisme REDD+ (BNCCCREDD+), Lovakanto Ravelomanana, cette première redistribution constitue également l'occasion d'expliquer au grand public le fonctionnement du marché carbone.

Selon elle, l'augmentation de la température mondiale résulte principalement des émissions de gaz à effet de serre provoquées par les activités humaines, notamment la déforestation, les feux de brousse ou encore l'utilisation d'énergies fossiles. Ce phénomène accentue les sécheresses, les cyclones et les inondations, dont Madagascar subit déjà les conséquences. Face à cette situation, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques a instauré plusieurs mécanismes, dont le marché carbone. Celui-ci permet aux pays capables de réduire leurs émissions ou de stocker davantage de carbone grâce à leurs forêts de vendre des crédits carbone à des États ou des entreprises souhaitant compenser leurs émissions.

Madagascar figure parmi les pays particulièrement vulnérables au changement climatique, mais dispose également d'un important potentiel grâce à ses forêts humides, qui absorbent naturellement le dioxyde de carbone.

Six régions concernées

Le Programme de Réduction des Émissions Atiala Atsinanana couvre six régions possédant encore d'importantes forêts denses et humides : Sofia, SAVA, Ambatosoa, Analanjirofo, Atsinanana et Alaotra-Mangoro. Selon la coordonnatrice du BNCCCREDD+, il s'agit du premier programme REDD+ juridictionnel mis en œuvre à l'échelle de plusieurs régions administratives à Madagascar. Le dispositif couvre près de deux millions d'hectares de forêts.

Le principe consiste à maintenir durablement les forêts afin qu'elles continuent à absorber le carbone atmosphérique. En retour, les revenus générés par les crédits carbone servent à financer la protection des espaces forestiers, leur restauration ainsi que des projets destinés à améliorer les conditions de vie des populations riveraines.

Une gestion placée sous contrôle de l'État

Les revenus issus des crédits carbone sont versés dans le Compte d'affectation spéciale "Crédit Carbone REDD+", conformément au cadre réglementaire national. Le ministère de l'Environnement et du Développement durable assure le suivi technique du programme, tandis que le ministère de l'Économie et des Finances supervise la gestion financière des recettes, celles-ci intégrant le Trésor public. Le ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation participe également au dispositif de contrôle afin de garantir la transparence dans l'utilisation des fonds.

Les communes jouent, elles aussi, un rôle central dans ce mécanisme. Elles participent à l'élaboration des plans d'utilisation des revenus carbone avec les communautés locales et les organisations villageoises. Selon Lovakanto Ravelomanana, cette approche permet d'orienter les financements vers des activités répondant aux besoins réels des territoires tout en encourageant la préservation durable des forêts, désormais considérées non seulement comme un patrimoine naturel, mais également comme un levier de développement économique.

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