Affaire albinos – Arrestation des suspects, poursuite des enquêtes
L’enquête continue après les déclarations de plusieurs suspects sur un présumé réseau de trafic de personnes albinos.
Lutte contre les réseaux criminels
Mahaleontany Jean Pierre, surnommé « Maire », un habitant d’Ihosy, se retrouve au centre des premières pistes dans l’affaire présumée de vente de personnes albinos et de parties de corps albinos. Son nom apparaît après les déclarations de deux suspects arrêtés à Antananarivo dans le cadre d’une opération menée par les enquêteurs spéciaux du Président de la Refondation. L’enquête a démarré après la réception d’une vidéo dans laquelle des individus affirmaient détenir des personnes albinos destinées à la vente. Les enquêteurs ont ensuite pris contact avec ces personnes par téléphone. L’un des interlocuteurs a communiqué un numéro permettant de remonter jusqu’à lui. Une opération de surveillance a alors été mise en place afin d’enregistrer une éventuelle transaction, après l’évocation immédiate d’une importante somme d’argent.
Deux hommes originaires de Betroka ont rejoint la capitale : Lamboary, employé administratif dans une école privée, et Abriol, technicien de laboratoire dans un hôpital local. Dès leur arrivée à Antananarivo, les deux individus ont été interpellés puis interrogés. Pendant les auditions, leurs déclarations ont conduit les enquêteurs vers Mahaleontany Jean Pierre, surnommé « Maire ». Ils l’ont présenté comme une personne détenant des informations sur des personnes albinos ainsi que sur des parties de corps albinos. Une mission a alors été menée à Ihosy avec les deux suspects déjà arrêtés. Une nouvelle opération a permis l’arrestation de Mahaleontany Jean Pierre.
400 millions d’ariary évoqués
Lors de son interrogatoire, ce dernier a cité les noms de Fihavy Osman et Franklin. D’après ses déclarations, ces derniers connaissaient des personnes prêtes à payer de fortes sommes pour obtenir des enfants albinos et des parties de corps albinos. Le montant évoqué pourrait atteindre 400 millions d’ariary. Fihavy Osman a ensuite donné sa version aux enquêteurs. Il affirme que Sambiahy et Dieudonné, un gendarme en activité à Manombo, dans le district de Betroka, lui auraient demandé de rechercher des enfants albinos et des parties de corps albinos. Il a également mentionné Tsitoroa et son frère, interpellés après une opération au cours de laquelle ils auraient présenté des éléments comme correspondant aux parties recherchées.
Les suspects auraient par ailleurs désigné un acheteur potentiel. Celui-ci ne s’est toutefois jamais présenté, après avoir pris peur selon les enquêteurs. Les recherches continuent pour tenter de le retrouver. Au fil des investigations, Fihavy Osman aurait aussi reconnu son implication présumée dans une attaque menée à Mahabo, marquée par l’enlèvement d’un enfant albinos âgé d’un an et huit mois. Il affirme avoir réuni plusieurs hommes pour cette opération, parmi lesquels Sambiahy, Renaotsy, Miharisona alias Gila, Mosa, Retiazy, Rebara alias Rambo, Tsimitovy et Retoza. Les enquêteurs poursuivent désormais leur travail pour identifier l’ensemble des personnes impliquées et établir le rôle de chacun dans cette affaire.




