Lutte contre le VIH/SIDA : Les parlementaires appelés à jouer un rôle clé pour garantir un financement durable
Face à la diminution des financements internationaux consacrés à la lutte contre le VIH/SIDA, les parlementaires sont appelés à jouer un rôle stratégique pour assurer la pérennité des actions engagées à Madagascar.
Durant deux jours, les députés, conduits par le président du Réseau Parlementaire pour la Justice Reproductive (RPNJR), Lova Herizo Rajaobelina, ont échangé avec les représentants du ministère de la Santé publique, des organisations de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers afin d'identifier les leviers permettant de renforcer le financement national.
Le Parlement au cœur du plaidoyer
L'atelier a permis de consolider les connaissances des élus sur les enjeux liés à la santé et aux droits sexuels et reproductifs. Cela a permis également de définir des stratégies de plaidoyer destinées à accroître les ressources budgétaires allouées à ce domaine. Les participants ont rappelé que le Parlement a un rôle déterminant dans l'adoption de lois adaptées, le contrôle de l'action gouvernementale et la mobilisation de crédits suffisants pour répondre aux défis sanitaires.
Les discussions se sont appuyées sur un constat préoccupant. Selon les dernières données présentées, 15 700 nouvelles infections au VIH ont été enregistrées en 2025, portant à près de 90 000 le nombre de personnes vivant avec le virus à Madagascar. Pourtant, seuls 30 % des adultes et 16 % des enfants concernés bénéficient actuellement d'un traitement antirétroviral.
Renforcer les moyens face à une urgence sanitaire
Les partenaires, parmi lesquels le FP-SADC, l'UNFPA, IPPF/WISH2, Ainga Aides, PSI Madagascar et MSI, ont réaffirmé leur engagement à accompagner le pays. L'UNFPA rappelle notamment que « l'épidémie n'est plus ciblée : toute la population est aujourd'hui à risque », soulignant l'importance de renforcer le dépistage, l'accès aux préservatifs, aux traitements et aux autres moyens de prévention.
Les échanges ont également mis en évidence le défi du financement. Aujourd'hui, seulement 5,5 % du budget national est consacré à la santé, loin de l'objectif de 15 % fixé par la Déclaration d'Abuja. À l'issue de l'atelier, les députés se sont engagés à poursuivre leur collaboration avec les ministères concernés et les partenaires afin de promouvoir un financement durable, considéré comme un levier essentiel pour renforcer la lutte contre le VIH/SIDA et améliorer la santé des Malgaches.




