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Economie

Agriculture, élevage, pêche : la FIA-FIG veut rapprocher production, industrie et marché

10/09/2026 16:23 © Moov.Mg

Produire davantage ne suffit plus. Encore faut-il transformer les matières premières, créer de la valeur ajoutée et trouver des débouchés. C’est autour de cet enjeu que s’articule la 8ᵉ édition de la Foire internationale de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (FIA), couplée à la 2ᵉ édition du Festival international de la Gastronomie (FIG), ouverte ce 10 septembre 2026 au CCI Ivato. Plus de 250 stands réunissent jusqu’au 13 septembre les acteurs des filières autour du thème « Madagascar en mouvement : produire, transformer, développer ».

De la production à la valeur ajoutée

La FIA-FIG 2026 veut mettre en avant les différentes étapes qui permettent à une production agricole, issue de l’élevage ou de la pêche, de devenir un produit à plus forte valeur ajoutée. Producteurs, éleveurs, pêcheurs, artisans, transformateurs et entrepreneurs sont réunis au CCI Ivato pour présenter leurs activités, nouer des contacts et rechercher de nouvelles opportunités. Pour les organisateurs, Madagascar dispose déjà de productions et de savoir-faire. L’enjeu consiste désormais à mieux les valoriser. Le thème « Produire, transformer, développer » résume cette orientation. La transformation locale doit permettre de dépasser la simple commercialisation des matières premières et de générer davantage de revenus et d’activités autour des filières.

Oranne Ranaivo Rajaonarisoa, directrice générale adjointe de Madavision, organisateur de l’événement, insiste sur le lien entre les différentes composantes du secteur. « Produire, transformer, développer, ce ne sont pas trois étapes isolées, c’est une chaîne », a-t-elle déclaré lors de la cérémonie d’ouverture. Selon elle, la production constitue le point de départ, tandis que la transformation doit permettre de « mieux faire » et d’innover. Le développement attendu se mesure ensuite en opportunités, en emplois et en perspectives économiques. La FIA doit notamment servir d’intermédiaire entre les producteurs, les industriels et les investisseurs. Le FIG, organisé parallèlement, illustre cette logique. La gastronomie permet de montrer comment des matières premières peuvent être transformées en produits finis et devenir des créations destinées aux consommateurs.

Miser sur la transformation locale

Pour le ministre de l’Industrialisation et du Développement du secteur privé, Ny Riana Nampoina Raharimanjato, le principal défi est désormais de tirer davantage de valeur du potentiel existant. « Notre challenge est de mieux valoriser ce potentiel : produire davantage, transformer davantage, savoir innover et accéder à davantage de marchés », a-t-il affirmé. Le gouvernement veut notamment renforcer les relations entre producteurs, transformateurs, entreprises, investisseurs et universités. La transformation locale des matières premières doit occuper une place importante dans cette stratégie, avec un soutien aux PME et PMI, mais également une attention portée aux investissements et à l’innovation.

L’objectif est de faire des ressources disponibles et des territoires malgaches des moteurs d’une industrialisation davantage portée par le secteur privé, avec à la clé davantage d’emplois et de richesses produites localement.


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Le numérique au service des filières

La modernisation des filières passe aussi par les technologies. Zamir Asakaly, directeur de Yas Business, sponsor officiel de la FIA-FIG, estime que le numérique peut contribuer à réduire certains obstacles rencontrés par les professionnels. « Nous sommes convaincus que le numérique peut accélérer la transformation », a-t-il indiqué. La mise en relation des producteurs avec les marchés, l’accès à l’information, les services financiers mobiles ou encore la sécurisation des échanges figurent parmi les pistes évoquées. Pour les entreprises du secteur, ces outils peuvent également contribuer à améliorer la productivité et à ouvrir l’accès à de nouveaux marchés. Le numérique devient ainsi un maillon supplémentaire d’une chaîne de valeur qui ne s’arrête plus à la production.

Par ailleurs, la transformation représente un enjeu social et économique. Francesco Mancini, chargé du bureau de la FAO à Madagascar, rappelle que le développement des filières agricoles, de la pêche et de l’élevage ne peut pas être mesuré uniquement à l’aune des volumes produits. « Le développement de l’agriculture, la pêche et l’élevage ne repose pas seulement sur l’augmentation de la production, mais aussi sur la capacité collective à transformer davantage », a-t-il souligné. Pour la FAO, la valorisation et la commercialisation des produits agricoles constituent des leviers pour accroître les revenus et générer des emplois décents, notamment pour les jeunes et les femmes. La réussite de cette transformation suppose toutefois des partenariats durables entre l’État, le secteur privé, les organisations paysannes, les institutions de recherche et de formation ainsi que les communautés.

La qualité comme condition d’accès au marché

Produire et transformer ne garantit pas automatiquement l’écoulement des produits. La qualité et le respect des normes constituent également des conditions essentielles pour gagner la confiance des consommateurs et accéder à certains marchés. « Il ne suffit plus aujourd’hui de produire et d’obtenir de bonnes récoltes. Il est nécessaire de proposer des produits qui répondent aux normes exigées et qui inspirent la confiance de la population malgache », a déclaré Michela Haingotiana Angèle Andriamadison, ministre du Commerce et de la Consommation. La ministre a ainsi souligné le lien étroit entre production et marché. Une production qui ne trouve pas de débouchés reste difficile à valoriser, tandis qu’un marché ne peut fonctionner durablement sans des produits répondant aux exigences de qualité et de sécurité.

Pour Penjy Randrianarisoa, maire de la commune d’Ivato, la FIA constitue justement une occasion de favoriser les rencontres entre acteurs et de stimuler les échanges commerciaux. Le développement des secteurs agricole, halieutique et de l’élevage constitue, selon lui, une priorité pour l’économie malgache. « Il est question de bien produire, mais aussi de s’ouvrir au commerce extérieur », a-t-il déclaré. L’enjeu est donc de permettre aux productions malgaches de trouver davantage de marchés, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur. Cette ouverture suppose néanmoins que les produits soient compétitifs, régulièrement disponibles et conformes aux exigences des marchés visés.


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Consommer local pour soutenir la production

La dynamique recherchée passe enfin par le marché intérieur. Riana Nantenaina Randrianomenjanahary, ministre de l’Élevage, qui a procédé à l’ouverture officielle de l’événement, a appelé les consommateurs à privilégier les produits malgaches. « Choisissons autant que possible les produits de Madagascar pour notre alimentation », a-t-elle lancé, en mettant en avant le travail des agriculteurs, des éleveurs et des pêcheurs. Cet appel s’inscrit dans une logique de soutien aux producteurs locaux : davantage de consommation de produits malgaches peut contribuer à renforcer les débouchés des filières et à maintenir une plus grande part de la valeur créée dans l’économie nationale.

La FIA-FIG ne se limite pas à l’exposition des produits. Plusieurs conférences sont programmées autour des conditions nécessaires à la transformation du secteur. Les discussions portent notamment sur les investissements susceptibles d’accélérer la transformation agricole, les partenariats et la modernisation des filières. L’intelligence artificielle au service des agriculteurs figure également parmi les sujets abordés, tout comme les liens entre agriculture, industrialisation et souveraineté alimentaire.

Jusqu’au 13 septembre, la FIA et le FIG entendent ainsi rapprocher les différents acteurs d’une même chaîne. Derrière le mot d’ordre « produire, transformer, développer », l’enjeu est de faire en sorte que les ressources agricoles, halieutiques et animales de Madagascar génèrent davantage de produits transformés, d’emplois, de revenus et de débouchés.



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