Scamming : des centaines de personnes appréhendées à Madagascar, certaines seraient victimes de traite
Plusieurs réseaux d’escroqueries en ligne ont été démantelés à Madagascar au cours des deux derniers mois et demi. Des centaines de personnes de différentes nationalités ont été appréhendées. Selon la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, certaines seraient victimes de traite de personnes, tandis que d’autres auraient participé volontairement aux activités frauduleuses.
Le « scamming » désigne différentes formes d’escroqueries commises en ligne pour obtenir de l’argent ou des données sensibles. Les fraudeurs peuvent notamment recourir au phishing, aux faux investissements, aux arnaques sentimentales, aux faux supports techniques ou encore à de faux sites de commerce électronique.
Plusieurs réseaux démantelés
Invitée du Journal Afrique de TV5 Monde le 10 septembre 2026, la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, a indiqué que plusieurs opérations avaient permis de démanteler des réseaux de « scamming » ou escroqueries en ligne, installés sur différents sites dans le pays. Selon la ministre, « des centaines de personnes » ont été appréhendées dans le cadre de ces opérations. Les autorités malgaches ont sollicité la coopération de la Chine et des États-Unis pour contribuer au démantèlement de ces réseaux et à l’identification des personnes impliquées.
Les réseaux démantelés ne concernent pas uniquement des ressortissants chinois. Fanirisoa Ernaivo a également fait état de la présence de Cambodgiens, d’autres ressortissants de pays asiatiques ainsi que de ressortissants africains parmi les personnes interpellées. La ministre a, toutefois, souligné que les situations des personnes appréhendées ne sont pas identiques. Certaines seraient victimes de traite de personnes et auraient pu être contraintes de participer aux activités frauduleuses. D’autres, en revanche, auraient agi volontairement.
Les flux financiers dans le viseur
Après les arrestations, les autorités cherchent désormais à retracer les flux financiers liés aux escroqueries. L’objectif est notamment d’identifier les sommes obtenues frauduleusement et les circuits utilisés par les réseaux. La coopération internationale joue un rôle dans ces investigations, compte tenu du caractère transnational des réseaux et de la diversité des nationalités impliquées.
Une première procédure a déjà abouti au transfert de 50 ressortissants chinois. Condamnés par la justice malgache pour escroquerie en ligne, ils ont quitté la Maison centrale d’Avaradrano le 7 septembre dernier à destination de la Chine, où ils doivent purger la suite de leur peine. Selon le ministère de la Justice, le transfert a été effectué conformément aux dispositions légales et aux procédures judiciaires en vigueur. Il a mobilisé les autorités judiciaires malgaches, Interpol et l’Ambassade de Chine à Madagascar. Le ministère de la Sécurité publique a, pour sa part, assuré la sécurisation du convoi jusqu’à l’aéroport international d’Ivato.




