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Economie

Budget de l’État : Le cyclone Gezani plombe les recettes douanières au premier trimestre 2026

11/05/2026 00:00 © Moov.Mg

Le ministère de l’Économie et des Finances a publié le Compte Rendu de l’Exécution Budgétaire pour le premier trimestre 2026. Si les impôts intérieurs résistent, les caisses de la Douane affichent un recul inquiétant, principalement dû aux dégâts causés par le cyclone Gezani.

Le premier trimestre de l'année 2026 restera marqué par l'empreinte indélébile du cyclone Gezani sur les comptes de l'État. Selon le récent compte rendu de l’exécution budgétaire, les recettes fiscales globales ont atteint 2 158 milliards d’Ariary. Ce montant correspond à un taux de réalisation de 19,2 % par rapport aux prévisions annuelles de la Loi de Finances. Bien que ce chiffre témoigne d'une mobilisation constante des services financiers, il accuse un repli de plus de deux points par rapport à la même période en 2025. Cette contre-performance globale est quasi exclusivement portée par le secteur douanier, alors que le tissu économique intérieur semble avoir mieux résisté aux vents violents et aux inondations.

Les recettes douanières en nette régression

La Direction Générale des Douanes paye le plus lourd tribut à la saison cyclonique. Avec seulement 860 milliards d’Ariary collectés contre un objectif bien plus ambitieux, le taux de réalisation du secteur s'est effondré à 17 %, contre 22,3 % l'année dernière. Le rapport souligne que le passage du cyclone Gezani a lourdement endommagé les infrastructures portuaires, ralentissant de manière drastique les flux de marchandises. Le port de Toamasina, poumon économique de la Grande Île, a vu ses opérations perturbées pendant plusieurs semaines. Cette paralysie logistique a directement impacté les droits de douane et la TVA à l'importation, deux piliers majeurs du budget national.

Au-delà des facteurs climatiques, la conjoncture internationale est venue compliquer la tâche des autorités douanières. Les recettes provenant des produits pétroliers ont chuté, impactées par une baisse notable des cours mondiaux du supercarburant et du gazole, respectivement de 10 % et 8 %. Comme les taxes sont en partie liées à la valeur des produits importés, cette baisse des prix à la pompe, bien que salvatrice pour le portefeuille des ménages malgaches, s'est traduite par une diminution mécanique des recettes pour l'État. Les produits non pétroliers n'ont pas non plus réussi à compenser cette perte, affichant eux aussi une tendance à la baisse en raison des difficultés d'approvisionnement maritime.

IRSA et TVA intérieure en hausse

Cependant, la Direction Générale des Impôts a joué un rôle de stabilisateur durant cette période de crise. Les recettes fiscales internes se maintiennent à un niveau encourageant avec 1 298 milliards d’Ariary récoltés. Le dynamisme de l’impôt sur les revenus salariaux et de la taxe sur la valeur ajoutée intérieure montre que la consommation locale est restée active malgré le sinistre. Les efforts de digitalisation et de suivi des contribuables semblent porter leurs fruits, permettant à l'administration fiscale d'afficher une légère amélioration par rapport à 2025. Toutefois, cette solidité interne ne suffit pas à combler le vide laissé par la douane et la faiblesse des recettes non fiscales, constituées principalement de dividendes et de redevances, qui restent très en deçà des attentes.

Pour redresser la barre, le gouvernement mise désormais sur une refonte du cadre législatif. Les amendements apportés au Code des Douanes visent à simplifier les procédures de dédouanement et à mettre Madagascar en conformité avec les standards internationaux. En renforçant les contrôles à l'entrée et en accordant des facilités aux entreprises des zones franches, l'État espère stimuler une reprise rapide du commerce extérieur pour le deuxième trimestre.

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