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Economie

Madagascar Airlines : Thierry de Bailleul défend les acquis fragiles du Plan Phénix 2030

12/05/2026 13:00 © Moov.Mg

Au lendemain de la nomination d’un nouveau Directeur général à la tête de Madagascar Airlines, Thierry de Bailleul livre un bilan détaillé des vingt-et-un mois de restructuration engagés sous le Plan Phénix 2030. L’ancien dirigeant estime que la compagnie nationale est sortie d’une spirale de faillite, grâce à une profonde transformation opérationnelle et financière. Mais il avertit également que ces progrès demeurent fragiles face aux résistances internes et aux défis de gouvernance qui persistent au sein de l’entreprise.

Mise en place du Plan Phénix 2030

Lorsque Thierry de Bailleul a pris les commandes de Madagascar Airlines, la compagnie nationale traversait l’une des périodes les plus critiques de son histoire. Créée dans un contexte de grandes attentes, la nouvelle compagnie aérienne issue de la restructuration d’Air Madagascar peinait pourtant à trouver son équilibre. En quelques mois seulement, les pertes financières avaient atteint près de 25 millions de dollars, tandis que la dette s’alourdissait rapidement. Face à cette situation jugée alarmante, la direction avait lancé le Plan Phénix 2030, présenté comme une stratégie de sauvetage destinée à éviter l’effondrement de la compagnie. La première décision majeure a été l’abandon temporaire des vols long-courriers, considérés comme trop coûteux et peu rentables. La priorité a alors été donnée au réseau domestique, perçu comme essentiel pour le désenclavement du territoire malgache et pour la survie économique de l’entreprise.

Selon Thierry de Bailleul, cette réorientation stratégique a marqué une rupture importante avec les choix précédents. L’objectif n’était plus seulement de maintenir la compagnie en activité, mais de reconstruire progressivement un modèle viable capable de restaurer la confiance des partenaires et des voyageurs.

Une flotte relancée

L’ancien Directeur général affirme que les résultats obtenus en moins de deux ans montrent que la transformation engagée commence à porter ses fruits. L’un des changements les plus visibles concerne la flotte aérienne. Début 2024, Madagascar Airlines ne disposait pratiquement que d’un seul ATR opérationnel. Aujourd’hui, la compagnie en exploite cinq. Cette remise en service progressive des appareils a permis une augmentation de 123 % de la capacité de sièges par rapport à l’année 2022. Pour les passagers malgaches, cette amélioration s’est traduite par une meilleure desserte des régions et une réduction des perturbations de vols.

La ponctualité figure également parmi les indicateurs mis en avant par l’ancien dirigeant. Madagascar Airlines dépasse désormais les 80 % de vols à l’heure, un seuil considéré comme essentiel dans le secteur aérien. Cette amélioration vise notamment à restaurer la confiance des voyageurs, mais aussi celle des opérateurs touristiques et des partenaires économiques.

Sur le plan financier, Thierry de Bailleul évoque une hausse de 60 % du chiffre d’affaires en deux ans. Il souligne également que la compagnie a retrouvé une crédibilité internationale grâce à sa réintégration au sein de la International Air Transport Association (IATA). Cette réintégration facilite notamment les transactions financières internationales et la commercialisation des billets à travers les réseaux mondiaux. Selon lui, le modèle centré sur la rentabilité du réseau intérieur a permis d’atteindre l’équilibre d’exploitation dès le printemps 2025. Une étape importante pour une compagnie longtemps confrontée à des déficits chroniques.

Lutte contre les mauvaises pratiques internes

Au-delà des performances économiques et techniques, Thierry de Bailleul insiste surtout sur un autre chantier qu’il juge déterminant : celui de l’assainissement interne. Dans son bilan, il affirme que le redressement de Madagascar Airlines ne pouvait pas être durable sans une remise en ordre des pratiques de gestion. L’ancien dirigeant évoque l’existence d’irrégularités dans plusieurs secteurs stratégiques de l’entreprise, notamment au niveau des achats et de certains contrats. Il affirme que plusieurs dossiers ont révélé des cas de surfacturation importante ayant pesé lourdement sur les finances de la compagnie.

Le contrat appelé « CTI » est cité comme l’un des exemples les plus marquants. Selon Thierry de Bailleul, ce contrat appliquait des tarifs jusqu’à dix fois supérieurs aux prix du marché, provoquant des pertes de plusieurs millions de dollars chaque année. Pour lui, la suppression de ce type de pratiques constituait une condition indispensable au redressement de la compagnie. L’ancien DG estime que la nouvelle direction devra poursuivre ce travail de contrôle et de transparence afin d’éviter un retour des anciennes habitudes. Il considère que la crédibilité de Madagascar Airlines dépend désormais de sa capacité à maintenir des règles de gestion strictes et à sanctionner les dérives, quel que soit le niveau de responsabilité des personnes concernées.

Préserver les acquis

Malgré les avancées présentées, Thierry de Bailleul reconnaît que le redressement reste encore fragile. Il affirme que certaines résistances internes continuent de freiner les efforts de transformation engagés depuis 2024. Selon lui, plusieurs cadres ayant fait l’objet de signalements pour des manquements graves auraient été maintenus à leurs postes, voire promus. Une situation qu’il juge préoccupante pour la stabilité de la gouvernance et pour la confiance des partenaires internationaux. L’ancien dirigeant indique également que certains bailleurs de fonds, dont la Banque mondiale, ont exprimé des inquiétudes face à ces signaux contradictoires. Or, les financements internationaux restent essentiels pour poursuivre la modernisation de la compagnie et soutenir le Plan Phénix 2030.

Thierry de Bailleul appelle ainsi la nouvelle direction à préserver les acquis obtenus au cours des vingt-et-un derniers mois. Pour lui, Madagascar Airlines a réussi à retrouver une trajectoire crédible de redressement, mais cette dynamique peut encore être remise en cause si les problèmes de gouvernance ne sont pas traités avec fermeté. À travers ce bilan, l’ancien Directeur général cherche à défendre la continuité du processus de transformation engagé. Il estime que les progrès réalisés démontrent qu’une compagnie nationale viable est possible à Madagascar, à condition de maintenir la discipline financière et la transparence dans la gestion.

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