Exécution budgétaire 2026 : les grands investissements encore au point mort au premier trimestre, à Madagascar
Le premier trimestre 2026 a surtout été consacré au fonctionnement de l’administration et au paiement des charges courantes de l’État malgache. Selon le rapport officiel sur l’exécution budgétaire, aucun nouvel investissement majeur n’a encore été lancé dans les secteurs sociaux et productifs entre janvier et mars.
Priorité au fonctionnement de l’administration
Aucun grand projet public lancé. C’est l’un des principaux constats du rapport d’exécution budgétaire de l’État malgache pour le premier trimestre 2026. Durant les trois premiers mois de l’année, les dépenses publiques ont principalement servi à assurer la continuité des services administratifs et à honorer les engagements financiers de l’État. Le taux global d’engagement des dépenses atteint 13,09 % à la fin du mois de mars. Ce chiffre reste relativement faible, mais il montre une légère progression, comparé à la même période en 2025, où le taux était de 11,82 %. Cette évolution traduit une gestion jugée prudente des finances publiques dans un contexte où les grands projets d’investissement ne sont pas encore entrés dans leur phase active.
Le rapport met en avant une priorité accordée au fonctionnement de l’administration publique. Les dépenses liées aux salaires des agents de l’État figurent parmi les principales charges exécutées durant ce premier trimestre. Dans le secteur social, le taux d’engagement global atteint 12,1 %, contre 11,1 % l’année précédente. Cette hausse modérée a surtout permis d’assurer le paiement régulier de la solde et la continuité des services essentiels, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’administration publique. L’État a ainsi choisi de sécuriser les dépenses indispensables avant de passer à la phase des investissements plus importants prévue pour les prochains mois.
Démarrage très limité des infrastructures
Le point le plus marquant du rapport concerne cependant l’absence de nouveaux investissements majeurs dans les secteurs considérés comme prioritaires pour le développement économique et social. Les lignes budgétaires destinées aux investissements dans les secteurs social et productif affichent un taux d’engagement de 0,0 % entre janvier et mars 2026. Cela signifie qu’aucun grand projet nouveau n’a encore été concrètement mis en œuvre durant cette période. Le secteur des infrastructures connaît également un démarrage très limité. Le taux d’engagement des investissements n’y atteint que 0,7 %. Routes, équipements publics ou projets de développement rural restent donc encore au stade préparatoire.
Selon le document officiel, cette situation s’explique notamment par les procédures administratives nécessaires au lancement des projets publics. Les appels d’offres, les passations de marchés et les étapes techniques retardent souvent le démarrage effectif des investissements au début de chaque exercice budgétaire.
La dette publique au centre des dépenses
Pendant ce temps, les dépenses liées à la dette publique ont fortement mobilisé les ressources de l’État. Le secteur administratif affiche ainsi le taux d’engagement le plus élevé avec 24,3 %. Le rapport précise que les crédits consacrés à la dette publique sont déjà engagés à hauteur de 97,6 %. Cette stratégie vise à garantir le respect des engagements financiers de Madagascar auprès de ses partenaires et créanciers. Le secteur de la sécurité et de l’administration du territoire maintient également un niveau d’exécution relativement élevé, avec un taux de 21,7 %, principalement soutenu par les dépenses de fonctionnement.
Malgré ce démarrage encore lent des investissements, le gouvernement prévoit une accélération progressive au cours des prochains trimestres. Le rapport souligne d’ailleurs la nécessité d’améliorer le rythme d’exécution des projets afin de renforcer la qualité globale de la gestion budgétaire.




