Société : La pêche artisanale, un levier essentiel de la sécurité alimentaire dans le Sud-Ouest
Dans les communes d’Androka et d’Androipano, dans le district d’Ampanihy Ouest, la pêche artisanale joue un rôle crucial dans l’alimentation et les revenus des ménages. Face à l’insécurité alimentaire, aux sécheresses récurrentes et aux effets du changement climatique, Action contre la Faim (ACF) mène depuis novembre 2025 le projet Maharombake afin de renforcer les capacités de 1 350 pêcheurs et soutenir durablement les communautés côtières.
La pêche, un pilier de l’alimentation locale
La région d’Atsimo-Andrefana figure parmi les zones les plus vulnérables de Madagascar. Les ménages y dépendent principalement de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche artisanale pour assurer leur subsistance. Dans le district d’Ampanihy Ouest, l’insécurité alimentaire reste particulièrement préoccupante en raison des sécheresses répétées, de l’irrégularité des pluies et de la dégradation progressive des ressources naturelles.
Dans ce contexte, la pêche occupe une place stratégique. Près de 60 % de la production halieutique est destinée à la consommation locale et au marché national. Le poisson constitue en outre une source importante de protéines et de micronutriments essentiels pour les populations. Malgré le potentiel des ressources marines de la région, les pêcheurs sont confrontés à de nombreux défis : manque d’équipements, difficultés de conservation des produits, accès limité aux marchés et faibles capacités d’investissement.
Pour de nombreux professionnels, l’absence de pirogues ou de matériels adaptés les oblige à louer des équipements, réduisant ainsi leurs revenus déjà fragiles.
Un projet pour améliorer les moyens de subsistance
Afin de répondre à ces difficultés, ACF met en œuvre le projet Maharombake avec l’appui du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères et en partenariat avec le ministère de la Pêche et de l’Économie bleue. L’approche ne se limite pas à la distribution d’équipements. L’organisation agit sur l’ensemble de la chaîne de valeur de la pêche. Les bénéficiaires reçoivent notamment des pirogues, des filets, du matériel de plongée et des équipements de sécurité. Des formations sont également proposées sur les pratiques de pêche durable, la conservation des produits et la sécurité en mer. Le projet soutient aussi les femmes impliquées dans la collecte, la transformation et la commercialisation des produits halieutiques à travers des activités génératrices de revenus et des Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit.
Pour les bénéficiaires, les premiers résultats se traduisent par une augmentation des captures, une amélioration des revenus et un meilleur accès à l’alimentation. Fort de ces résultats, le projet doit prochainement être étendu à la région voisine d’Androy afin de renforcer davantage la résilience alimentaire des communautés du Grand Sud.




